Wellness, longévité et déconnexion : le bien-être se réinvente dans l’hôtellerie parisienne
L’univers du wellness ne cesse de se réinventer, en suivant, en anticipant l’ère du temps.
Le secteur n’a jamais été aussi créatif, aussi florissant, aussi suivi. Plus que jamais, le bien-être est un luxe : d’une tocade passagère, exceptionnelle, il s’est mué en besoin essentiel, parfois une nécessité, dans un quotidien empreint d’hyper-connexion et de (sur)charge mentale.
Par Katia Kulawick-Assante
L’hôtellerie de luxe, face à une clientèle internationale exigeante à la pointe des tendances, s’adapte en filigrane à ces mouvements de société, ces envies nouvelles. Car plus qu’une bulle de bien-être, au moment « spa », s’ajoute désormais la quête de sens, de ralentissement, de durabilité et d’expériences mémorables. Dans un monde où tout n’est que data, cela devient presque un acte de résistance que de laisser de la place aux émotions, aux sensations, bref, à notre part d’humain. Et le spa est là pour nous le rappeler.
Depuis quelques années, les dépenses vers des expériences inoubliables ont détrôné les produits de luxe dans toutes les statistiques.
La santé, le bien-être, la longévité deviennent une priorité absolue : Devant l’incertitude du monde, le corps est le véritable (seul ?) investissement à prendre en compte pour le futur.

A Paris, l’hôtellerie de luxe s’impose comme un laboratoire privilégié de tendances, où le bien-être se réinvente de milles manières pour proposer des expériences toujours plus immersives.
A l’hôtel Costes, qui vient de rouvrir son spa sous l’enseigne Augustinus Bader, Christiane Werron, Executive Director Global Education & Spa de l’une des marques les plus prisées du marché, explique :
« Le spa n’est plus une parenthèse standardisée, mais un luxe intime. La tendance est à des expériences sobres, expertes, profondément efficaces. Le spa du Costes incarne exactement cet esprit : un lieu confidentiel où l’approche Augustinus Bader prend tout son sens, entre soins sur-mesure hautement performants et élégance parisienne. »
En effet, l’espace se veut être un cocon loin du monde, des cabines privatives ultraluxes autour de la piscine au décor minéral, en passant par les cabines de soins, pensées avec un sas d’entrée et dressing, telle une suite…
Le besoin de déconnexion et de détente s’impose comme une priorité, pour ne pas dire une urgence. En France, le temps moyen passé sur un téléphone dépasse les 5 heures par jour…
Les spas d’hôtels deviennent des refuges où l’on se reconnecte à son corps et à l’instant présent et où… on déconnecte. Ce qui n’empêche pas la technologie de servir de support pour améliorer les performances et résultats escomptés : Intelligence artificielle, diagnostic de peau avancé ou biohacking font désormais partie des protocoles de pointe.
Le spa de l’hôtel Lutetia, Akasha, la marque myBlend, fondée par le Dr Olivier Courtin-Clarins, propose des soins intégrant une séance sous masque LED pour stimuler la production de collagène, l’oxygénation cellulaire et optimiser les résultats de ses soins. Prisées, on retrouve ces expériences nouvelle génération au Dior Spa de Cheval Blanc Paris ou au Ritz Club & Spa.

Inspirées des recherches scientifiques sur le vieillissement cellulaire, la longévité et l’optimisation de ses propres ressources est sans aucun doute la thématique phare du moment dans l’univers du wellness.
Les soins en cabine ne se contentent plus de relaxer, ils promettent désormais d’optimiser la vitalité de la peau et du corps sur le long terme.
Le Ritz Club & Spa propose depuis quelques mois le soin « Life Matrix », développé avec La Prairie : Ce protocole de 90 minutes combine diagnostic cutané et techniques avancées pour stimuler le collagène et améliorer la densité, repulper et raffermir des tissus. Le bien-être est, de plus en plus, envisagé dans son ensemble, synonyme d’approche holistique : on retrouve cette philosophie au spa Susanne Kaufmann à l’Experimental Marais, ou encore chez Holidermie, au Grand Hôtel du Palais Royal.
Autre évolution notable, ces moments privilégiés de bien-être se partagent… à condition d’être bien entouré (et en petit comité) : Si les hôtels ont souvent leurs propres clubs privés de sport sur abonnement à l’année (Bulgari Hotel, Ritz Paris, George V, Brach Paris, etc.), d’autres événements plus ponctuels, viennent renforcer l’idée d’une communauté sous les auspices des grands hôtels parisiens.
Le Bristol Paris a récemment lancé les « Wellness Sundays » : ces rendez-vous dominicaux, une fois par saison, animés par Laura Dary, mêlent danse, yoga, pilates autour d’une approche douce du mouvement et de l’attention au corps, souvent mis à rude épreuve durant la semaine. Les sessions peuvent être complétées par un petit-déjeuner détox au Café Antonia ou un soin visage Tata Harper ou La Mer. Plus question de performance, que de la douceur au programme.
Des techniques de beauté venues du monde entier ont trouvé place dans la capitale : Ainsi, au Meurice, l’un des soins stars au spa Valmont est la célèbre méthode de drainage lymphatique d’origine brésilienne, Rénata França.
« Le massage Rénata França est une méthode de massage manuel avec des mouvements vigoureux, rapides et fermes sur tout le corps qui élimine les toxines. Cette technique procure des résultats surprenants dès la première séance, s’adresse à tous, tout au long de l’année, pas forcément pour les personnes qui souffrent d’une mauvaise circulation. Il améliore le bien-être général et un suivi personnalisé est assuré. Il convient par exemple, à des personnes qui ont un évènement et qui souhaite affiner, visuellement, leur silhouette ou encore des personnes qui souhaitent détoxifier leur organisme. Enfin, cette méthode peut être efficace pour les personnes qui suivent un régime mais qui sont en stagnation, » explique Pratima Teyssier, directrice adjointe du spa Valmont au Meurice.
L’hôtel Hana et Balzac ont, eux, choisi des univers de spas à l’ambiance japonisante, inspirés de ses rituels de beauté ancestraux, où le kobido (massage ancestral manuel du visage aussi appelé lifting naturel japonais) est le soin star du moment – et pour une bonne raison : il redessine les traits du visage sans aucune aiguille, juste en relaxant ses (environ) 43 muscles !
Le Belmont, dans le 16e arrondissement, propose l’un des premiers head spas d’hôtel à Paris, développé avec Terraké (pour le visage) et Forvil (pour le cuir chevelu). Inspiré des rituels japonais, le soin Supreme (90 minutes) est à la fois un soin capillaire complet (shampoing, gommage, masque et massage du crâne) qui revitalise le cuir chevelu et nourrit la fibre, et un soin du visage qui libère toutes les tensions pour repartir libéré et réénergisé.

Hédoniste, le spa est aussi un moment pour se faire plaisir. Pour prolonger cet instant rien qu’à soi, au Waldorf Astoria Versailles-Trianon Palace, propose un rituel avec deux heures d’accès à la piscine et au spa Guerlain, suivi d’un tea-time gourmand imaginé par le pâtissier Eddie Benghanem, le tout face au parc du château de Versailles…
En quête d’expériences toujours plus exclusives, les palaces ne cessent d’innover : Le Bristol Paris propose, dans l’exceptionnelle suite Eden, au 6e et dernier étage, une cabane-spa La Mer avec hammam, sauna, douche jacuzzi et table de massage dans un cube de verre entouré de verdure et d’une grande terrasse. Un moment totalement exclusif !
Molitor Hotel & Spa, qui fait partie de la collection M Gallery du groupe hôtelier Accor, vient d’inaugurer deux nouveaux studios de pilates et de cycling.
L’hôtel, qui abrite l’un des plus grands spas d’hôtel en Europe, 1300m2, propose une offre Evasion Sportive ou Bien-être sous forme de package, pour ne pas couper sa routine sportive quotidienne, même en voyage ! L’hôtel compte désormais une offre de 136 cours par semaine, avec l’avantage d’être en lisière d’un autre beau terrain de jeu, le bois de Boulogne.
Entre rituels ancestraux revisités et innovation technologique, le spa d’hôtel à Paris se transforme en véritable destination, à chaque fois unique. Plus qu’un simple moment de détente, il devient un espace de reconnexion profonde, à soi-même… Le temps d’un instant, avant de repartir à la conquête du monde.