Rencontre avec Charles-Edouard Barthes, fondateur d’EviDenS de Beauté

Publié le 20 mai 2026
5 minutes
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Rencontre avec Charles-Edouard Barthes, fondateur d’EviDenS de Beauté

Charles-Edouard Barthes
Fondateur d'EviDenS de Beauté

Interview de Charles-Edouard Barthes, fondateur d’EviDenS de Beauté

Par Katia Kulawick-Assante

 

Quelle a été votre inspiration en créant EviDenS de Beauté ?

L’inspiration est très simple : c’est mon épouse. J’ai la chance énorme d’avoir rencontré une femme incroyable avec qui nous allons fêter nos 25 ans de mariage… J’ai découvert l’univers du skincare grâce à Eriko (Nakamura, journaliste et présentatrice vedette au Japon-NDR) qui passe tous les soirs – sans exception – au moins 40 minutes dans sa salle de bain. Quand on s’est rencontrés, elle changeait tout le temps de produits, parce qu’elle croyait au miroir aux alouettes des marques. Comme elle a la peau hypersensible, elle avait parfois des allergies. De mon côté, je suis très sensible aux textures et aux parfums. Je me suis intéressé à cet univers pour lui offrir une alternative en réalisant qu’il n’y avait pas de ligne de soin anti-âge dédiée aux peaux sensibles sur le marché. C’était en 2003.

 

Comme la marque est-elle née ?

Nous avons commencé à travailler les formules fin 2004 et la marque a été lancée en 2007. J’ai rencontré par hasard à un diner à Tokyo, Masaaki Ishibashi, un scientifique japonais en biotechnologie. Lorsque je lui explique mon projet d’une marque de soin anti-âge pour les peaux sensibles, il se moque de moi en me disant que je ne suis pas un génie et que si ces produits n’existent pas, c’est pour une bonne raison : qui dit anti-âge, dit actifs hyper puissants, peu compatibles avec les peaux sensibles. A l’époque, il dirigeait le service Recherche & Développement d’un groupe japonais de cosmétique. Il avait 50 ans et 80 personnes sous ses ordres. Il était malheureux parce qu’on ne lui donnait pas les moyens de développer ses projets. On s’est revus plusieurs fois et je lui ai dit qu’il aurait carte blanche s’il me suivait. Il est devenu le père de toutes les formules EviDenS de Beauté. En juin dernier, on a fait une grande fête pour lui au Château de Montfort, à La Colle-sur-Loup, pour le remercier de ces plus de 21 ans de collaboration. Il a pris du recul sur ses activités, mais nous sommes toujours en lien. Il m’a envoyé encore un message hier.

 

Quel est le secret du succès d’une marque de cosmétique ?

Je compare souvent la gastronomie et la cosmétique parce que pour faire une bonne crème, comme pour faire de la bonne cuisine, il faut des bons ingrédients et le talent d’un chef. Les Passard, Alléno ou Pic révèlent les produits… De mon côté, je voulais apporter quelque chose de nouveau et d’unique, en plus d’une qualité irréprochable. Je venais de la haute couture –10 ans PDG de la maison Jean-Louis Scherrer, NDR -, et j’avais cette idée qu’on peut tout s’autoriser, qu’il y a toujours un marché, même s’il est réduit, et grâce à la mondialisation, un petit marché peut devenir global, donc trouver son business model… Aujourd’hui, EviDenS de Beauté compte 450 points de vente dans 14 pays.

 

Quelle est l’influence de Paris dans l’ADN de la marque ?

Je dirai même, l’influence de la France – Paris étant le symbole de la France… EviDenS de Beauté est né entre le Japon – pour ses formules, son efficacité, sa technologie – et un concept extrêmement français : le plaisir. Quand, j’ai créé EviDenS De Beauté, on ne parlait pas de l’éclat de la peau mais uniquement d’anti-âge, de résultats. On ne parlait pas de plaisir. Je pense avoir été la première marque à préempter le territoire du plaisir. Là où toutes les autres marques vendaient des résultats, nous avons choisi de faire de la marque un véritable voyage, entre le plaisir et l’efficacité. Je pense que s’il y a bien un territoire qui convient aux Parisiens – et aux Français de manière générale-, c’est celui du plaisir ! De mon côté, je suis la création des textures, le parfum, le packaging, etc. D’ailleurs, ceux qui nous critiquent disent qu’il est un peu Versaillais…

 

Il est classique…

Je dirai qu’il est tout ce qui fait que Paris est beau… un certain classicisme qui ne se démode jamais. L’image de Paris, pour moi, c’est cette beauté classique intemporelle. Derrière la marque, il y a l’idée d’une femme parisienne, élégante, désinvolte mais chic. Le chic parisien – je vois bien les femmes du monde entier tenter de l’imiter -, c’est cet art de se mettre un foulard dans les cheveux, un peu désordonné, l’air de rien, mais qui fait tout. Cet art d’enlever les choses, d’ajouter de la vie. Ce côté à la fois extrêmement étudié et pourtant très naturel.

 

Vous qui voyagez non-stop à travers le monde, qu’attend-on d’une marque de cosmétique parisienne aujourd’hui ?

On me le dit très souvent, ce qui marque les gens chez EviDenS de Beauté est très français : le romantisme. Paris, c’est la ville de l’amour. Je pense que nous sommes la seule marque romantique sur le marché, il n’y en a pas d’autre qui revendique l’amour. Et puis, j’ai créé cette marque par amour ! Ma sœur, qui vit aux Etats-Unis depuis 30 ans, était inquiète au lancement du projet. Elle m’a dit, ‘regarde tes concurrents, ils parlent de résultats et toi tu parles d’amour !’ Et je pense que ce pari-là plait, car il est authentique. Il est vrai que nous avons, en tant que Français, une certaine légitimité, du moins aux yeux des étrangers, lorsqu’il s’agit de parler d’amour et de romantisme, du beau. On nous fait crédit de ça. J’ai beaucoup mis en avant Paris parce que j’y habite depuis 35 ans, c’est ma ville de cœur. Alors pour répondre à votre question : qu’il y a-t-il de parisien dans la marque ? Définitivement, l’amour.

 

Vous célébrez 10 ans de partenariat entre EviDenS de Beauté et les hôtels Rosewood, notamment l’hôtel de Crillon à Paris. Comment avez-vous noué ce partenariat ?

Tout a commencé au Crillon, en effet et je suis très heureux de ce partenariat : la présidente de Rosewood était cliente d’EviDenS de Beauté et elle a fait le lien avec l’Hôtel de Crillon à Paris. Le groupe cherchait une marque exclusive qui puisse apporter quelque chose de différent… Et la double culture franco-japonaise d’EviDenS de Beauté, son raffinement, fonctionnait parfaitement. En signant ce partenariat, nous nous sommes retrouvés propulsés dans quasi tous les hôtels Rosewood dans le monde : Vancouver, Nassau, Londres, Montecito, Hong-Kong, et Courchevel qui a ouvert ses portes l’an dernier. Rosewood propose une nouvelle vision du luxe, une modernité assumée et c’est ce qui nous plait. J’ai énormément investi sur ce partenariat car il permet de faire vivre l’expérience EviDenS de Beauté. Le training des équipes est un axe fort : notre équipe de formation voyage en permanence à travers le monde. De manière générale, les marques font un training par an dans les hôtels, alors que nous en faisons au moins deux pour s’assurer de la qualité de nos soins. Je dois avouer que cela porte ses fruits. Je me rends compte par exemple que le marché américain sur lequel nous ne sommes pas présents représente 40% des clients du site internet, et cela grâce à notre présence mondiale. Même si, en volume de ventes, la Chine représente notre premier marché. Pour célébrer nos 10 ans de partenariat, en décembre 2026, nous prévoyons de nombreuses surprises… Je suis très fier de la longévité de ce partenariat car depuis la signature, les équipes ont changé, mais nous avons su garder notre implication. C’est un win-win et c’est comme ça que je conçois la vie des affaires.

 

Parlez-nous de l’expérience soin EviDenS de Beauté à l’Hôtel de Crillon ?

Dans nos cabines de soins à travers le monde, nous avons voulu recréer un voyage entre l’Asie et l’Occident. En Occident, les cabines de soin reflètent notre vision du Japon, et en Asie, nous avons imaginé un Château EviDenS pour évoquer un imaginaire très français. Nous avons la chance d’avoir ces deux inspirations dans l’ADN de la marque, on ne va pas s’en priver ! Au Crillon, la cabine a été dessinée par l’architecte et designer Emmanuelle Simon – comme notre spa du 16e arrondissement ouvert en 2018-. La cabine a été entièrement repensée pour créer un univers très japonisant, luxueux et chaleureux à la fois, autour d’un petit salon et d’une cabine pour vivre un moment hors du temps. Roche, béton ciré, panneaux coulissants, formes organiques, bois et papier de riz… Nous avons demandé à une artiste de dessiner au crayon de papier une fresque au plafond car l’idée est de pouvoir s’évader, se laisser emporter dans ses rêveries. Les protocoles de soins sont inspirés du Kobido et mis au point par nos équipes. La directrice de l’expertise soins d’EviDenS de Beauté, qui est japonaise, s’est inspirée de techniques ancestrales et modernes pour faire vivre une expérience incroyable. Nous y intégrons également un soin Oxylight (combinaison d’oxygène, de LED, de microcourants et dermabrasion). Nous avons mis au point des rituels exclusifs pour l’hôtel qu’on ne trouve nulle part ailleurs, le tout avec des résultats visibles et concrets immédiats.

 

Quelles sont les dernières nouveautés en termes de produits ?

La ligne Sakura, qui vient d’être lancée en Occident, juste après la Chine. Les pronostics nous annoncent plus d’un million de ventes rien que dans ce dernier pays. Nous avons deux best-sellers chez EviDenS de Beauté : la Crème Riche et le Masque Spécial – qui nous a permis d’être connus et se vend toutes les 5 secondes dans le monde. Un troisième est en train d’émerger : la nouvelle crème solaire, le Voile Ultime Très Haute Protection Sakura SPF 50+, qui convient aux peaux mixtes et grasses, à la texture incroyable avec un filtre maximal. Ce produit représente quatre ans de recherches. Il est vrai que chez EviDenS De Beauté, nous avons parfois la formule, mais si l’on bute sur la texture, le produit ne sortira pas, parce qu’elle est la marque du territoire de plaisir. L’efficacité et le plaisir font partie de ce double ADN : la technologie japonaise et le raffinement à la française. Comme nous travaillons toujours sur plusieurs produits en même temps, les calendriers marketing sont régulièrement bouleversés… Nous sommes fidèles à la philosophie du Kaizen, en quête de perfection, tout en visant les standards de de la haute couture française. Pour moi, c’est un contrat de confiance avec nos client.e.s, qui nous font confiance en nous donnant la responsabilité de leur peau. Ce n’est pas rien ! J’ai travaillé pendant longtemps dans la mode et pour le coup, un vêtement qui ne vous va pas, ce n’est pas très grave, vous ne le remettrez plus, mais si vous vous mettez sur la peau un produit qui n’est pas à la hauteur, il y aura des conséquences : or, vous n’avez qu’une seule peau.

 

Quels sont les challenges pour vous à la tête d’EviDenS de Beauté aujourd’hui ?

Ne jamais remettre en question son exigence. Plus on grandit, plus les enjeux sont importants, plus les process peuvent être remis en cause, parfois même pour des questions d’organisation. Pour moi, il ne faut jamais faire de compromis avec les valeurs de la marque. C’est mon travail – si on devait le résumer aujourd’hui. Et je le fais avec grand plaisir !

 

Quels sont vos prochains projets à Paris – et à travers le monde ?

Nous avons ouvert un espace aux Galeries Lafayette en septembre 2025, un comptoir à la Samaritaine, et notre but est de continuer à développer la marque, de lui donner plus de visibilité en France, en Europe et en Asie. A Paris, en plus de notre adresse dans le 16e arrondissement, et de la cabine à l’Hôtel de Crillon, nous voudrions trouver un autre écrin central qui serait à la fois une boutique et des cabines de soin. En Chine, la marque est déjà présente à Shangaï, mais nous cherchons un lieu pour l’ouverture d’un deuxième Château EviDenS de Beauté à Pékin. Nous avons ouvert de nouveaux locaux et de nombreux points de vente à Tokyo ces derniers mois et nous cherchons également un nouveau lieu emblématique pour la marque dans la capitale japonaise.

 

EviDenS de Beauté au spa de l’Hôtel de Crillon

10, place de la Concorde, Paris 8e

La Maison EviDenS de Beauté

31, rue Boissière, Paris 16e

 

 

 

 

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